Digitalisation des flottes, dématérialisation, durabilité : trois sujet phares de la conférence Sea Asia 2021

27/06/2022
ZEBOX était partenaire de la huitième édition de la Sea Asia Conference, un événement incontournable de l’écosystème du transport maritime en Asie, qui se tenait du 21 au 23 septembre. La seconde journée d’échanges était dédiée à l’innovation et aux technologies qui transforment le commerce maritime, pour le rendre plus efficace et durable.

La transformation numérique du secteur maritime est déjà bien amorcée, comme l’expliquait Stéphane Courquin, Head of CMA CGM APAC, dans la table-ronde d’introduction de la journée : « la recherche de solutions pour limiter le temps passé par les navires dans les ports, optimiser la navigation ou moderniser les procédures est en cours. »

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Néanmoins, il reconnaît aussi qu’il reste encore beaucoup à faire : “à la différence d’autres secteurs, le transport maritime n’est encore qu’aux prémices de sa transformation.” Sa conclusion : “le secteur du transport maritime offre de nombreuses opportunités d’innovation. Parmi ces nombreuses opportunités, les intervenants de Sea Asia Conference 2021 ont tout particulièrement insisté sur trois sujets.

1/ La digitalisation des flottes pour un suivi en temps réel des navires et des marchandises

“Le bateau connecté va devenir une réalité, il faut investir dans les infrastructures”, martèle le Capitaine Rajesh Unni, le Fondateur et CEO de Synergy Marine Group. L’enjeu est d’équiper les navires et les conteneurs d’un maximum de capteurs IoT pour faire remonter les informations en temps réel. Une fois les données collectées, il s’agit alors de les exploiter de façon pertinente, par exemple pour optimiser les parcours, la maintenance, la sécurité ou la consommation de carburant. Là, l’intelligence artificielle s’avère une alliée précieuse.

Pour tirer le plein potentiel de la digitalisation des flottes, les armateurs « doivent considérer cela comme un changement structurel et non pas seulement comme quelque chose qu’on ajoute en plus”, estime le Capitaine qui admet que si l’intérêt de connecter les flottes est évident, sa mise en œuvre technique s’avère complexe : “nous avons encore des clients qui gèrent des milliers de navires avec des fichiers Excel”. Il explique notamment que l’installation de capteurs et de solutions d’échange de données sur les bateaux se heurte à de nombreuses contraintes qui n’existent pas sur terre, notamment en termes de connectivité. Malgré tout, selon lui, le principal frein reste avant tout humain et culturel : “cela prendra des années pour changer de culture”.

Plusieurs startups incubées ou accélérées par ZEBOX ont d’ores et déjà choisi de s’attaquer à cette difficile problématique.

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C’est le cas notamment d’Eyegauge, dont l’ambition est de développer la digitalisation des flottes, en rendant intelligents tous les navires, quel que soit leur âge, alors que 30% des vraquiers, 50% des porte-conteneurs et 70% des cargos dans le monde ont plus de 10 ans. Sa solution permet notamment un rapport précis sur les performances et la consommation de carburant pour des économies et une planification efficace.

La startup suisse Aeler, elle, se concentre sur la digitalisation des conteneurs : s’appuyant sur l’Intelligence Artificielle, sa solution associe capteurs et logiciels pour permettre la collecte d’informations en temps réel sur la qualité du transport et l’état de la cargaison. Parmi les bénéfices : une augmentation de la charge utile, une meilleure protection de la cargaison, ainsi qu’une drastique réduction de l’impact environnemental.

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2/ L’échange automatisé et dématérialisée de documents et d’informations, notamment via la blockchain

“En finir avec le papier !” Tel est le cri du cœur de Stéphane Courquin lorsqu’on lui demande ses souhaits pour l’avenir du transport maritime. La dématérialisation des procédures douanières et commerciales est en effet un sujet crucial pour tout le secteur, source de gain de temps et d’efficacité dans les échanges. “La généralisation de l’adoption de l’EBL – Electronic Bill of Lading – est un moyen grâce auquel nous pourrons gagner un temps précieux dans les procédures administratives”, explique le dirigeant de CMA CGM APAC.

Faute d’interopérabilité entre les systèmes d’information et de standard commun pour le partage des données, la dématérialisation, lorsqu’elle est effective, n’a pas pour autant tout simplifié. Ampy Aswin, la Directrice Supply Chain & Logistics Industry Solutions APAC chez Google Cloud, regrette ainsi que “tout se passe encore en silos, dans des systèmes fermés. Nous avons besoin de standards.” La principale cause de cette fragmentation, selon elle ? “La peur de l’inconnu, qui freine la transformation digitale”.

La technologie blockchain ne résoudra pas la peur de l’inconnu, mais pourrait apporter une réponse aux enjeux de confiance et de transparence nécessaires entre les différents acteurs impliqués. “La blockchain et les registres distribués (distributed ledger en anglais) peuvent faciliter les échanges”, estime ainsi la représentante de Google. Un avis que ne partage pourtant pas Casper Ellerbaek, Senior Vice President Sea Logistics Asia Pacific chez Kuehne+Nagel Asia Pacific : “pour le moment, il s’agit surtout d’une solution de stockage d’informations. À l’avenir, la blockchain va devoir s’appuyer sur les API pour mieux intégrer et transférer les données.”

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Les technologies blockchain sont déjà utilisées par la startup française Ownest, pour rétablir la confiance dans la supply chain en certifiant les transferts de responsabilité entre les différents acteurs.

Une autre startup accompagnée par ZEBOX, eTEU a développé une plateforme de documentation commerciale basée sur la blockchain, pour permettre une gestion dématérialisée de l’ensemble des documents liés aux expéditions internationales. La startup estime que 200 milliards de dollars sont perdus chaque année en frais administratifs, tandis que près d’un document d’expédition sur dix est incorrectement rempli.

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3/ La réduction de l’impact environnemental du transport maritime grâce aux données

La collecte, l’exploitation et l’échange automatisé de données représentent un intérêt certain pour l’efficacité opérationnelle du commerce maritime, mais cette transformation en cours jouera également un rôle clé dans la réduction de l’empreinte carbone du secteur. “En 2022 et ensuite, la décarbonisation sera le sujet principal. On ne pourra le faire qu’avec le Big Data,” estime par exemple Ken Loke, Vice-Président pour l’Asie-Pacifique de KVH Industries.

Le cas d’usage le plus abouti en la matière est la réduction de la consommation de carburant grâce à l’optimisation de la vitesse des navires et des routes, permises par l’analyse de données. D’autres cas d’usage de l’intelligence artificielle sont en cours de déploiement, par exemple à l’échelle des ports pour optimiser la production, le stockage et la consommation d’énergie grâce aux “smart grids”, ou encore pour garantir la sécurité des ouvriers.

Au sein de l’écosystème ZEBOX, de nombreuses startups fournissent déjà des solutions pour réduire l’empreinte carbone de la logistique et du commerce maritime.

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C’est le cas notamment de la startup Searoutes, qui fournit aux chargeurs une solution tout-en-un pour réduire l’empreinte carbone liée au transport de marchandises. Grâce à cette solution, les chargeurs peuvent réduire de 30% leurs émissions de CO2 sans augmenter les délais.

Sinay, pour sa part, propose une plateforme qui permet d’agréger des données de sources multiples (position des navires, la météo, les courants, la faune, la flore…) et de les analyser grâce l’IA, pour obtenir des indicateurs de performance environnementale et fournir des outils d’aide à la décision. Sinay fait ainsi gagner plus de 60% du temps nécessaire au traitement et l’analyse des données environnementales.

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“Nous savons qu’en digitalisant les choses, on aboutit à plus d’efficacité. Nous savons aussi que tout ce qui permet d’économiser du carburant ou de l’énergie est une bonne nouvelle pour l’entreprise comme pour la planète,” rappelle Angela Noronha, la directrice Open Innovation et Décarbonisation de Rainmaking Transport. Celle-ci annonce la prochaine transformation à venir pour le secteur : “le développement durable n’est plus une question à part désormais. Très bientôt, ce sera le coeur du business.”

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