Comment les technologies transforment les infrastructures portuaires

27/06/2022
Outre les enjeux de digitalisation des flottes, de dématérialisation des procédures et de décarbonation du transport maritime (lire notre article ici), les participants de la conférence Sea Asia 2021 dont ZEBOX était partenaire, se sont penchés sur un autre sujet crucial pour l’avenir du commerce international : la transformation digitale des ports.

De la préparation de l’arrivée du navire jusqu’à son départ du port, en passant par les opérations de chargement/déchargement et de maintenance, les marges de manœuvre pour maximiser l’efficacité des infrastructures portuaires grâce à la technologie sont nombreuses, mais les obstacles le sont tout autant.

Permettre le “juste-à-temps”

Le graal du secteur ? Le juste-à-temps. « Dans un monde idéal, il faudrait que les navires arrivent juste à temps au terminal : cela permettrait de réaliser de nombreux gains pour l’ensemble de la chaîne, en termes de ressources, de synchronisation, de consommation de carburant, d’économies d’énergie… pour n’en citer que quelques-uns ! » explique notamment Antoine Gatinaud, Sales Manager APAC de Wärtsilä Voyage.

Pour s’en approcher, les ports intègrent de plus en plus de capteurs et d’outils leur permettant de mieux anticiper, planifier et optimiser leurs opérations. Néanmoins, les plateformes portuaires ne pourront y parvenir seules : elles doivent multiplier les partages de données avec les armateurs et développer les solutions qui permettent des échanges, de façon sécurisée efficiente et en temps réel.

porte-conteneur

Une évolution décrite ainsi par Martijn Thijsen, Ecosystem & Platform Play Lead du Port de Rotterdam : « Historiquement, le port a toujours été une infrastructure ‘en dur’, là où s’effectuent les échanges. Nous évoluons désormais de plus en plus vers des infrastructures qui sont aussi numériques, avec des plateformes d’échanges de données, qui accompagnent les flux de marchandises et la supply chain. »

Un nouvel écosystème à construire

Pour les gestionnaires d’infrastructures portuaires du monde entier, la transformation que cela implique est conséquente : « tout d’un coup, nous devons collaborer avec de nouvelles et diverses parties prenantes. On construit un écosystème dans lequel la valeur est créée par cet écosystème lui-même et plus seulement par chaque infrastructure ou chaque maillon de la supply chain indépendamment » ajoute Martijn Thijsen.

Antoine Gatinaud donne une illustration de cette logique d’écosystème : « Avec une plateforme unifiée d’échanges de données entre les terminaux et les bateaux, chacun peut informer l’autre du bon moment pour arriver au port. La technologie est déjà suffisamment mature pour être déployée », explique-t-il. Et de donner un exemple : grâce au déploiement en juin 2021 d’une plateforme d’échange d’information en temps réel dans le port de Tanger Med, l’arrivée d’un porte-conteneur a pour la première fois pu être entièrement optimisée. “En synchronisant cette arrivée, 15 heures de mouillage ont pu être évitées et 10 000 euros de carburant ont été économisés en réduisant la vitesse du navire.”

Le port de Singapour travaille lui aussi sur de tels outils de communication avec les navires, tout en accélérant la digitalisation de ses infrastructures, grâce aux capteurs et à l’IoT. “Nous voulons être capables d’assurer un suivi à grande échelle sur le dernier kilomètre, grâce aux technologies les plus récentes. Dans ce domaine, la combinaison de la 5G et de l’IoT va être révolutionnaire” estime Lew Chuen Hong, le directeur général de l’Infocomm Media Development Authority de Singapour.

Demain, des véhicules et des navires totalement autonomes

Satya Murthy, responsable Insights et Analytics de PSA, l’opérateur du port de Singapour, détaille quelques exemples de ce qu’il est déjà possible de faire grâce aux capteurs embarqués dans le matériel portuaire : “nous avons des grues et des camions conduits par des ouvriers, que nous équipons de capteurs IoT, qui génèrent des données à très haute fréquence. Ces informations sont utilisées pour entraîner des intelligences artificielles et détecter des comportements potentiellement dangereux ou inefficaces ». Il s’agit là d’une première étape, en attendant l’arrivée des AGVs (Automated Guided Vehicles) et des camions autonomes, capables de décharger les navires et d’assurer le transport des marchandises en toute sécurité.

CMA CGM x OPTIMIZ

Antoine Gatinaud, lui, voit encore plus loin : “dans dix à quinze ans, nous devrions voir des navires totalement autonomes arriver dans les ports de Hong Kong ou Singapour”. Pour l’instant, les défis technologiques et réglementaires restent encore nombreux, mais il se montre optimiste : tout commence par “des petits pas”.

Les Smartport Challenges accompagnent la transformation des ports


Plusieurs LogTech accompagnées par ZEBOX se sont naturellement intéressées au sujet de la transformation des infrastructures portuaires dans le cadre du challenge du French Smartport in Med, souvent avec l’angle environnemental.

DEKI, qui propose des solutions de collecte, livraison et expédition de marchandise de manière 100% responsable et décarbonée, a par exemple été sélectionné dans le cadre du Smartport Challenge 2021.

deki-logo-baseline-zone-protection-cmjn

Le principe de ce Smartport Challenge ? Associer grands groupes et institutionnels, porteurs de défis, à des startups ou PME innovantes qui peuvent les aider à les relever. Ensemble, ils ont quatre mois pour contribuer à créer le port du futur.
Dans ce cadre, DEKI va donc travailler avec Hammerson pour contribuer à créer, grâce à sa solution, « un port vert au service d’une économie bleue » et réduire l’empreinte carbone liée aux livraisons.

logo searoutes

DEKI emboite ainsi le pas à Searoutes, l’un des lauréats de l’édition 2019 du Smart Port Challenge. Cette startup édite une solution tout-en-un à destination des chargeurs pour réduire l’empreinte carbone liée au transport de marchandises.

A l’époque, elle avait remporté le challenge « Quel mode et quel terminal pour réduire l’impact écologique des chargeurs ? » avec son outil Shift by Searoutes, développé pour le port maritime de Marseille/Fos. Le but ? Montrer grâce à cet auto-calculateur, qu’il est possible de choisir les bons ports et les bons terminaux et que, par conséquent, passer par le port de Marseille/Fos contribue à réduire ses émissions de CO2.

Rendez-vous d’ici fin novembre pour découvrir la solution imaginée par DEKI !

Future is in ZEBOX !
  • Ce champ n’est utilisé qu’à des fins de validation et devrait rester inchangé.